01/04/2008

coup de gueule d'une icono

Alors, voila, ça me démange depuis un moment, au gré de mes promenades photographiques...
Je viens de faire un tour sur la galerie des "sujets" proposés pour le prix du festival Photosoc (http://www.photsoc.org/), et de regarder attentivement les séries soumises par les photographes, et une fois de plus je vois... un joyeux bordel!!!
L'exercice est dur, présenter un sujet en 12 images maximum...
ça demande évidement d'avoir un editing pertinent, exercice que peu de photographes maîtrisent malheureusement! raconter une histoire, mettre en valeur son sujet etc...Ca devrais pourtant être le BaBA...
Mais ça n'est pas tout, et j'en viens la ou le bat blesse le plus!!!
ou sont les sujets? vous savez un sujet, une histoire, un angle? ça y est, j'en vois deja qui sont perdu, de ceux qui pensent qu'être photojournaliste c'est simplement maîtriser la prise de vue! mais bon sang, que souhaitez vous raconter au monde??? simplement montrer que vous étiez là, sur tel événement, en tel lieu??? et hop, clic clac, c'est dans la boite? il me semble quand même que dans photojournaliste, il y a journaliste, non???
Alors les accumulations d'image d' enfants des rues de petaouchnok, les errances dans une maison de retraite, la Xeme série sur les sans papiers de Cachan ou ailleurs, ras le bol! Outre le fait que ce sont toujours les mêmes sujets qui reviennent ( j'oubliais les maraudes du Samu social...) sans apporter ni informations supplémentaires, ni angles nouveaux, les reportages sont rarement pensés, construits, bref, ce sont rarement des reportages, mais de jolies accumulations sans queue ni tête...
Peut importe le parti pris de l'editing, qu'il soit narratif, ou émotif, chronologique ou cinématographique, peut importe le parti pris de la prise de vue, portraits, diptyque, nature morte, ou sur le vif, mais je voudrais voir des sujets, des histoires, qu'on m'emmène quelque part, que même sans légende je puisse deviner, pressentir une intention, un constat fort, autre chose qu'une simple impression sans recul...
Ca n'est pas par ce que la presse devient elle même un zapping d'images uniques, qu'elle ne laisse plus de place aux reportages, que l'on doit tomber dans ce travers! Au contraire, affirmez vos regards, vos angles, allez la ou personne ne va, soyez critiques, tournez le dos quand vous arrivez sur un événement ou sont deja présent moult photographes et cameramen,(a moins d'être très très bon, ou de prendre un contre-pied certain!) titiller le regardeur, montrez lui ce qu'il ne peux pas voir, et ne tombez pas dans le sentimentalisme! posez votre appareil photo, le temps de regarder plus loin et saisissez le que quand vous serez sur de ce que vous voulez nous dire!
heureusement, il y a quelques pépites quand même dans la sélection du prix photsoc, mais croyez moi, si j'étais membre du jury, mes hésitations se porterais sur 5 à 7 sujets grand maximum...
et malheureusement ce cas de figure se rencontre dans bien d'autres contextes!
il n'y a jamais eu autant de photographes, mais des bons, au delà de la bonne image, rassurez vous, il y en a peu!!!

une icono énervée!
Camille Pillias

NB: que personne ne se sente visé par les sujets citées, ce sont simplement des exemples de "reportage" vus et revus, mais heureusement certains s'en sortent très bien, j'en veux pour exemple sur photsoc, le sujet de Stéphane Moiroux "ma maison pour hôpital" sur la vieillesse, angle précis, traitement photographique personnel, une véritable histoire... j'adhère!